Emile Temime, historien, vient de mourir à Marseille à l’âge de 82 ans. Né à Bayonne, auteur d’une thèse sur les relations franco-espagnoles au XIXe siècle, il était devenu un des spécialistes français des migrations du bassin méditerranéen et de l’histoire de Marseille, a indiqué le journal Le Monde qui publie sa biographie.
Son père était un juif de Kabylie, enrôlé comme tirailleur africain pendant la guerre de 14/18. Il s’était alors installé dans l’entre-deux-guerres au Pays basque. Dès 1961, avec l’historien trotskiste Pierre Broué, Emile Temime avait publié La Révolution et la Guerre d’Espagne (Minuit), décrivant la trahison par Staline des espérances révolutionnaires espagnoles, tragédie que le cinéaste Ken Loach mit en scène en 1995 dans Land and Freedom. Professeur à l’université de Provence à partir de 1968, puis directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Emile Temime a ensuite développé ses travaux sur l’histoire espagnole, animant un fructueux groupe de recherches, puis sur l’histoire des migrations et de Marseille.
Au début des années 1980, il rencontre le regretté Abdelmalek Sayad, sociologue de l’immigration. Cette amitié amène Emile Temime à revenir sur ses racines algériennes et méditerranéennes. Il publie Un rêve méditerranéen (Actes Sud, 2002), mais aussi Histoire des migrations à Marseille (Edisud), ainsi qu’une Histoire de Marseille (Perrin). Enfin, avec l’historien Pierre Milza, il dirige la collection Français d’ailleurs, peuple d’ici (Editions Autrement), dont les 25 volumes, passionnants voyages à travers l’histoire de toutes les immigrations, préfigurent la Cité de l’histoire de l’immigration, inaugurée à Paris en 2007, à la création de laquelle Emile Temime a vigoureusement contribué. Ces derniers temps, nous explique Le Monde, il mettait la dernière main, avec le réalisateur Mehdi Lallaoui, à un documentaire sur les Algériens de Marseille.
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