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Américains et Européens s’inquiètent du prix élevé du baril

L’OPEP focalise l’attention

Les prix du pétrole, trop près du seuil des 100 dollars le baril, inquiètent Américains et Européens et les poussent à vouloir peser sur la décision qu’aura à prendre l’Opep lors de sa prochaine réunion prévue le premier février prochain.



Lors de la visite qu’il a effectuée dans la région du Golfe, George W. Bush n’a pas manqué de soulever auprès du roi d’Arabie Saoudite la question des prix du pétrole, plaidant pour une augmentation de la production de brut pour " sauver " l’économie américaine et la croissance mondiale dans son sillage. Selon Scott Stanzel, un porte-parole de la Maison-Blanche, le président américain est donc intervenu directement auprès du roi Abdallah d’Arabie Saoudite pour que les pays de l’OPEP fassent un geste pour contenir les prix du pétrole. W. Bush s’était exprimé par ailleurs lors de sa visite en Arabie Saoudite en ces termes : " Les prix du pétrole sont très élevés et c’est dur pour notre économie ", ajoutant à l’adresse de l’OPEP : " L’économie de l’un de leurs plus gros consommateurs souffre", ses membres aussi en pâtiront parce qu’ils vendront moins d’hydrocarbures. " Des déclarations par lesquelles le président des Etats-Unis traduit "l’espoir" que l’Opep décide d’augmenter sa production pour pousser les prix du baril à la baisse et gommer ainsi un des éléments de la récession économique annoncée aux Etats-Unis et de la baisse de la croissance économique mondiale annoncée par les plus importantes institutions internationales. Dans cette " offensive " visant à influencer la décision qu’auront à prendre les pays membres de l’OPEP le 1er février prochain, les Européens ne sont pas en reste. Le président français Nicolas Sarkozy en quête de contrats au Moyen-Orient n’a pas manqué lors de sa visite dans les pays du Golfe de prêcher aussi pour la stabilité de l’économie mondiale en se disant "inquiet" par la "brutalité" des hausses des prix du pétrole qui "affecte la croissance et le pouvoir d’achat". Il ne manquera pas d’appeler l’Arabie Saoudite à utiliser " son influence, qui est grande, pour donner, selon lui, cette visibilité indispensable à nos économies. "Quand le prix du pétrole triple en quatre ans pour atteindre 100 dollars récemment, je m’inquiète de la brutalité de ces hausses qui affectent directement la croissance et le pouvoir d’achat, non seulement en France et en Europe, mais plus encore dans de nombreux pays pauvres dépourvus de pétrole", a affirmé encore Sarkozy devant des chefs d’entreprises français et saoudiens A Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Pour l’instant ces souhaits exprimés avec empressement auprès des Saoudiens ne semblent pas infléchir l’obstination de l’OPEP de réagir en fonction de l’évolution du marché. Le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, s’exprimant à la suite de toutes ces sollicitations américaines , a déclaré que son pays augmenterait sa production si le marché l’exigeait. L’Opep se déterminera en fonction de "toutes les données disponibles" quand elle se réunira le 1er février, a-t-il encore déclaré. Des déclarations qui pour l’instant démontrent que la cohésion de l’OPEP n’est en rien entamée par ce qui s’apparente à des " pressions " des pays consommateurs pour amener l’Arabie Saoudite à user de son influence de pays gros producteur de brut en vue d’une augmentation de la production. Pour sa part, Abdallah El-Badri, secrétaire général de l’Opep, a estimé dans une déclaration à l’AFP qu’"il n’y a pas de manque" de pétrole actuellement et que " si les fondamentaux le justifient, l’Organisation est prête à augmenter sa production". Il fera remarquer toutefois qu’"il n’y a pas de manque de pétrole et les stocks de l’OCDE", l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, qui rassemble les grands pays consommateurs, "restent dans leur fourchette moyenne des cinq dernières années", et que "les prix actuels du pétrole", qui ont dépassé pour la première fois début janvier le seuil symbolique de 100 dollars le baril " ne reflètent pas les fondamentaux de marché", à savoir l’offre et la demande. "Je ne pense pas que le récent affaiblissement de l’économie mondiale va mener à un effondrement" de la croissance et "je ne pense pas non plus que cela aura un impact significatif sur la progression de la demande pétrolière dans les mois à venir", a-t-il encore précisé. Des déclarations qui indiquent, sauf retournement de dernière minute, que l’OPEP restera sur sa décision du 5 décembre 2007 et qu’elle ne mettra pas plus de barils sur le marché, estimant que le prix du brut est depuis quelque temps poussé à la hausse sous l’impulsion de facteurs liés à la spéculation, aux tensions géostratégiques et au différend sur le nucléaire qui opposent l’Iran aux Américains.



Par Zhor Hadjam

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