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L’irrigation sous haute surveillance

En application de la loi 83-17 portant code des eaux et de l’arrêté du wali de Constantine no 103/97 portant interdiction des irrigations à partir des eaux usées, un agriculteur de la localité de Aïn Smara s’est vu récemment appliquer les mesures répressives prévues dans ce cadre réglementaire, à savoir la destruction des cultures polluées et accessoirement la saisie de son matériel et des poursuites judiciaires engagées à son encontre.



Ce fait divers, dont les conséquences peuvent néanmoins porter un grave préjudice à la santé, notamment à celle des consommateurs de crudités et de fruits, relance le débat sur le phénomène des irrigations de cultures à partir de cours d’eau pollués par les eaux usées ou les rejets industriels. D’autant que cette forme de nuisance peut, à elle seule, être à l’origine de ce que l’on appelle les maladies à transmission hydrique, à savoir les gastro-entérites, la fièvre typhoïde, etc. A partir de ce constat inquiétant à plus d’un titre et en l’absence de stations d’épuration en mesure d’assurer le traitement des eaux véhiculées par les cours d’eaux classés à haut risque, les services de la DSA, assistés par leurs partenaires sociaux et économiques, entre autres l’UNPA, la chambre d’agriculture et le mouvement associatif, entreprennent régulièrement des campagnes de sensibilisation des agriculteurs domiciliés dans les zones à risque. Certains partenaires engagés dans cette action ont le sentiment que ces pratiques réprimées par la loi en vigueur sont en baisse sensible par rapport à la décennie écoulée. D’autres affirment, au contraire, que l’irrigation à partir des eaux polluées constitue toujours la solution de facilité dont usent et abusent encore quelques agriculteurs appâtés par le seul profit. A partir de ce constat, ils préconisent l’intensification des contrôles afin de débusquer les contrevenants qui parviennent à passer à travers les mailles du filet. « Plus facile à dire qu’à faire », nous confiera néanmoins l’un d’eux, sachant que six zones à haut risque sont identifiées à travers la wilaya de Constantine : Oued Boumerzoug qui charrie les rejets de l’agglomération d’El Khroub jusqu’à Aïn Regada ; Oued Bounouara pollué par les rejets de la station Naftal implantée dans cette localité ; Oued Rhumel qui véhicule les eaux usées de l’agglomération de Aïn Smara ; Oued Smendou, dénaturé par les eaux usées de la localité de Zighoud Youcef ; Oued Hadjar en proie aux rejets de l’agglomération de Didouche Mourad et Oued Boulabraghat qui recueille les eaux usées des cités Ziadia et de la zone de Djebel Ouahch.L’ensemble de ces cours d’eau sont situés en aval des rejets urbains et industriels. Même s’ils sont identifiés, classés à très haut risque pour l’agriculture et faisant l’objet d’une surveillance constante de la part des comités de lutte mis en place à tous les niveaux de la wilaya, il n’en demeure pas moins que la partie n’est pas gagnée d’avance et que seule l’application rigoureuse de la loi en vigueur est en mesure de faire reculer la menace représentée par l’irrigation des cultures à partir des eaux polluées de ces oueds.



Par Ahmed Boussaid

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