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MTH

Inquiétudes à Sidi Aïch

Le spectre des maladies à transmission hydrique (MTH) plane encore à travers les localités de la wilaya de Béjaïa malgré les dispositifs mis en place par les autorités en charge de la protection de la population contre le risque de propagation de ces pathologies réputées graves.



C’est ce qui ressort des journées d’étude sur la grippe aviaire et les MTH organisées à Sidi Aïch et auxquelles ont pris part la subdivision de l’hydraulique, l’Edemia, le secteur sanitaire de Sidi Aïch, la DCP et les APC de Chemini, Sidi Ayad, Tibane, Tifra, Timezrit et Tinebdar. Les intervenants n’ont pas caché leurs inquiétudes devant la présence de nombreux facteurs de risque de nature à provoquer des situations épidémiques. La dégradation de l’environnement, qui se traduit par la prolifération des décharges sauvages, les rejets des eaux usées dans l’oued Soummam à proximité duquel se situe l’ensemble des captages et forages d’eau alimentant plusieurs localités, constitue une sérieuse menace pour la nappe phréatique et, par ricochet, pour la santé publique. « Les sources d’eau subissent une nette dégradation du fait de la multiplication anarchique des dépôts d’ordures sur les dépendances des cours d’eau, des rejets des déchets domestiques et industriels sans pré-traitement, de l’irrigation des cultures à l’aide d’eau de surface de qualité douteuse et de la vétusté des réseaux d’AEP », souligne M. Ouadi, subdivisionnaire de l’hydraulique de Sidi Aïch qui cite, en guise d’illustration, certaines zones jugées à haut risque. « Les forages situés à Aghernouz, Tassift et Aftis sont sérieusement menacés par la présence de nombreuses sources de pollution, rejets d’eaux usées, dépôts d’ordures, présence d’étables et d’une unité de production de produits cosmétiques,... », explique-t-il. L’absence de réseaux d’assainissement dans certains villages et les rejets directs des eaux usées dans les ravins se situant généralement non loin des zones d’habitation est qualifiée par le même intervenant de point noir qui constitue un risque majeur de contamination.

Vétusté des réseaux

La pénurie d’eau, notamment pendant la saison estivale, contraint les habitants à aller chercher cette denrée rare dans des milieux non contrôlés et sujets à risque. « La vétusté des réseaux d’alimentation, comme c’est le cas du réseau des sept villages de Timezrit, occasionne des pertes importantes d’eau alors que la population vit une pénurie prolongée de cette eau », explique le communicant qui fait part des différentes contraintes qui compromettent la bonne gestion des réseaux d’AEP. « Absence de plan de raccordement AEP, vétusté des réseaux et fuites non réparées qui engendrent des risques de cross connexion, rejets des unités industrielles, rejet de margine, branchement illicites,... », cite-t-il. Pour les services de la santé, la surveillance de l’eau de boisson est capitale, voire vitale et l’on invite à une collaboration effective et efficiente de plusieurs parties (autorités locales, société civile,...). « La précarité qui frappe encore le système d’AEP et le mode d’évacuation des eaux usées ont été à l’origine de plusieurs situations épidémiques dans notre wilaya. Celle enregistrée dernièrement à Halafa (Adekar), née d’une infiltration d’eaux usées qui a contaminé une conduite d’AEP endommagée par l’usure, et qui a touché plusieurs cas, démontre la déficience des systèmes d’AEP et les modes d’assainissement utilisés dans certains villages. » « La protection des systèmes d’alimentation en eau est indispensable pour parer au risque de MTH. L’évacuation des eaux usées doit être assurée de manière à éviter tout risque de contamination des points d’eau », souligne le docteur. Azibi, médecin chef du service d’épidémiologie et de médecine préventive au secteur sanitaire de Sidi Aïch. « Tous les points d’eau doivent faire l’objet d’une surveillance effective et permanente. Les captages d’eau, puits, forages, réservoirs, fontaines publiques et autres sources doivent être aménagés correctement et dotés d’un périmètre de protection. Leur désinfection et traitement par la javellisation ou les briques poreuses doivent se faire de façon ininterrompue et faire l’objet d’opérations de chaulage et de désinfection périodiques afin de prévenir tout risque de pollution », préconise t-il.



Par B. K.

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MTH à Béjaïa

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