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Aït Yahia moussa

Pénurie d’agrégats

Les constructeurs privés de la localité d’Aït Yahia Moussa subissent durement la décision du wali concernant la fermeture des sablières de la wilaya de Tizi Ouzou.



Du coup, c’est le prix de ce précieux matériau de construction qui a pris des envolées exceptionnelles, chose qui ne fait qu’alourdir la facture de ces centaines de chefs de famille qui construisent leurs habitations individuelles avec leurs propres fonds en dehors du circuit des subventions de l’Etat. Après la fermeture de ces sablières survenue en mars dernier et la traque des jeunes pilleurs dans les oueds de la région par les services de sécurité, le sable devient plus rare. Ainsi, le prix d’un petit chargement est passé de 1200 DA à 2800 ou 3000 DA. Le grand chargement (10 t) quant à lui, a atteint 10 000 DA dans certains cas. En conséquence, cet état de fait a contraint de nombreux particuliers à mettre en veilleuse leurs chantiers en attendant une éventuelle levée de l’embargo. A Iallalen, un village situé sur le versant est de la localité d’Aït Yahia Moussa, A. Ahmed ne cache pas sa colère contre les autorités de la wilaya : « Les pouvoirs publics sont libres d’intervenir et de fermer les sablières s’ils le jugent utile, mais il faut trouver des solutions à notre cas. » Fonctionnaire de son état, il regrette de voir son argent pris par des marchands de sable alors qu’il lui a fallu de longues années pour économiser. Il craint ainsi que son budget ne suffise pas pour la finition de son habitation. Un autre particulier nous racontera son calvaire : « J’ai commandé à un transporteur 5 chargements pour faire une dalle. Pendant mon absence, celui-ci m’a amené du sable malpropre contenant de la terre. En fin de compte, le maçon m’a déconseillé d’utiliser cette matière pour laquelle j’ai payé 15 000DA ». Des cas similaires se comptent en centaines à travers tous les villages. Les transporteurs, pour leur part, justifient cette hausse des prix par les nombreux facteurs qui entrent en jeu : « Lorsqu’on chargeait du sable dans les oueds des environs, nous pratiquions des prix modestes, mais maintenant, la situation a changé, nous faisons de longs trajets, de nuit, pour aller chercher cette matière dans des régions lointaines, parfois à Bouira ou à Boumerdés et avec tous les risques que nous courons, il est normal d’augmenter les prix », confie un transporteur.



Par Mohamed N.

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