LA grippe aviaire FAIT TOUJOURS PEUR
Une enquête épidémiologique lancée en Indonésie après la mort de cinq personnes d’une même famille n’a pas permis d’écarter une possible transmission humaine du virus de la grippe aviaire, a indiqué, hier, un haut responsable du ministère de la Santé.
« Nous ne pouvons pas confirmer qu’une transmission humaine ait eu lieu, mais nous ne pouvons pas non plus l’écarter », a déclaré, à des journalistes, Nyoman Kandun, du Centre de contrôle des maladies contagieuses. L’enquête menée en liaison avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) portait, selon l’AFP, sur cinq décès enregistrés à Sumatra, dont l’agence onusienne a confirmé mercredi dernier qu’ils étaient dus au virus de la grippe aviaire. Les victimes, deux hommes, deux femmes et une fillette de huit ans, originaires de la même branche familiale, vivaient à proximité les uns des autres dans le district de Karo de la province de Sumatra Nord. Ces contaminations rapprochées, les plus importantes à survenir en Indonésie, ont relancé les craintes d’une transmission humaine du virus de la grippe aviaire, jusqu’à présent censée ne se propager qu’entre animaux ou de l’animal à l’homme. Trente-deux personnes sont mortes dans l’archipel des suites de cette maladie. Par ailleurs, de nouveaux foyers ont été recensés ces dernières 24 heures en Roumanie, où la présence du virus H5N1, hautement pathogène, a été confirmée sur sept échantillons, a annoncé, hier, le ministre de l’Agriculture, Gheorge Flutur. « Au total 34 foyers, dont un à Bucarest, ont été recensés depuis le début de cette nouvelle épizootie qui a éclaté en Roumanie il y a dix jours », a déclaré M. Flutur au cours d’une conférence de presse. Vingt-quatre autres foyers « possibles », y compris un dans la capitale, ont également été détectés, a ajouté le ministre. Selon lui, « c’est une question d’heures jusqu’à ce que le virus soit isolé dans le deuxième foyer » à Bucarest. Les tests menés par le laboratoire britannique de Weybridge ont révélé la présence du virus H5N1 hautement pathogène sur sept échantillons prélevés dans le département de Brasov (centre), dont un provenant de l’élevage industriel Drakom Silva, qui est à l’origine de la propagation de la maladie, a également indiqué le ministre. Dans le continent africain, où l’Egypte et le Nigeria, notamment, subissent l’épizootie depuis quelques mois, le Burkina Faso vient de s’ajouter à la liste. Déjà touché récemment, trois nouveaux foyers de grippe aviaire ont été découverts dans la capitale Ouagadougou et deux autres villes de province, a rapporté l’AFP dans une dépêche datée du 20 mai. Les trois foyers ont été signalés à Ouagadougou, à Bobo Dioulasso (capitale économique, 365 km à l’ouest), et à Sabou (80 km au centre-ouest dans la province du Boulkiemdé), a annoncé le ministre chargé des Ressources animales, Tiémoko Konaté. Au total, 157 échantillons avaient été envoyés à un laboratoire de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) le 8 mai dernier. Le premier cas de foyer de la version hautement pathogène de la grippe aviaire a été déclaré au Burkina en avril dernier à Gamphla, localité située à une quinzaine de kilomètres au sud de Ouagadougou. Environ 6200 volailles appartenant à 243 producteurs avaient alors été abattues. Aucun cas humain de grippe aviaire n’a été signalé à ce jour au Burkina.
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