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Décès de Abdallah Fadel

Un grand révolutionnaire s’éteint

Atteint de la maladie d’Alzheimer depuis cinq années, Abdallah Fadel est décédé à l’âge de 75 ans, dans la matinée du jeudi à l’hôpital de Aïn Naâdja à Alger, où il était hospitalisé depuis plusieurs mois.



Sa dépouille était arrivée d’Alger jeudi tard le soir pour être enterrée le lendemain au cimetière Zaghouane de Annaba. Chef de daïra puis wali de la Saoura au lendemain de l’indépendance, ministre de la Jeunesse et des Sports durant les années 1970, ambassadeur de l’Algérie au Venezuela et en Yougoslavie, cet ancien membre du comité central du FLN avait été parmi les premiers à militer dans les rangs du Parti populaire algérien. Son militantisme actif au sein de l’OS lui a valu d’être arrêté et emprisonné au début des années 1950. Au lendemain de sa libération en 1955, il rejoignit le maquis pour s’engager pleinement dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Un objectif qu’il s’était assigné dès son jeune âge alors qu’il faisait partie des Scouts musulmans algériens aux côtés de son ami le défunt Abdelkrim Souissi. Hier, le cimetière Zaghouane a paru exigu en présence de cette foule immense d’amis, de proches et d’anonymes venus l’accompagner à sa dernière demeure. Ses anciens compagnons d’armes dont des généraux à la retraite et les autorités locales étaient tous venus lui rendre un dernier hommage. Le visage de chacun reflétait la tristesse devant la dépouille de cet homme qui, de son vivant, dans des cérémonies officielles ou dans des discussions entre amis, ne ratait pas une occasion pour parler de la nécessité d’une Algérie forte, une Algérie faite de paix et de prospérité. Le décès accidentel d’un de ses fils au début des années 1990 l’avait secoué. Mais pas au point de lui faire oublier que même ayant pris sa retraite de toute activité politique, il pouvait aussi servir l’Algérie. A Annaba, hier, durant ses obsèques, on parlait du sage parmi les sages qui venait de les quitter à tout jamais. Avec sa taille imposante malgré le poids des années, ses cheveux grisonnants et un sourire de tous les instants, Abdallah Fadel était considéré comme un mage. Même au plus fort de la maladie qui le rongeait, il était toujours présent pour participer à la célébration de toutes les fêtes nationales ou à la commémoration d’un événement national. Il ne ratait pas une occasion pour apaiser les tensions entre les uns et les autres, pour aider ou soutenir moralement ceux dans le besoin d’un conseil.



Par A. Djabali

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