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Fléaux sociaux : Ces bébés qu'on abandonne

Fléaux sociaux : Ces bébés qu’on abandonne

L’abandon sans état d’âme des bébés à leur naissance se présente comme un véritable phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur au sein de la société. A l’hôpital d’Oran, on parle de l’abandon d’une moyenne de 22 nourrissons par mois.



La plupart de ces enfants sont mis au monde par de jeunes filles célibataires et donc conçus suite à une liaison hors mariage, nous dit-on. La seule solution pour les jeunes mamans qui se trouvent dans cette situation et qui ont peur du scandale, est de laisser l’enfant entre les mains des services publics. Certaines sources proches de la direction des Affaires Sociales déplorent le fait que les cas d’abandon aient nettement augmenté depuis quelques années. Une jeune fille qui se trouve accidentellement enceinte n’a pas d’autres alternatives que de confier « la preuve du péché » à la pouponnière, par le biais des services de la clinique qui l’a assisté dans son accouchement. Il lui suffit de se plier à quelques simples formalités, notamment confirmer sa décision d’abandonner son nouveau-né à l’assistance publique.

Déchirement

Beaucoup de femmes hésitent longtemps avant de « signer » et reviennent souvent sur leur décision quelques jours plus tard,pour réclamer leur enfant, ce qui est impossible. L’abandon d’un bébé par sa génitrice n’est pas accepté comme ça, facilement. Affirme-t-on. Le personnel en place prend toutes les mesures nécessaires et aide la nouvelle maman à la recherche de toute autre solution pouvant lui éviter l’épreuve du déchirement, sachant que la plupart ne le font pas de gaieté de cœur et tout en lui indiquant qu’une décision d’abandon est irrévocable. Quoique l’on dise, les raisons qui poussent les femmes à se défaire de la chair de leur chair sont très nombreuses. Il y a la peur du scandale, comme cité plus haut, mais aussi beaucoup de femmes agissent de la sorte pour des problèmes de moyens. Si les « indues » grossesses touchent en majorité les filles-mères appartenant à différentes couches de la société, l’on signale que même des femmes mariées légalement se défont de leur nouveau-né, car ne pouvant subvenir à ses besoins, disent-elles. Il y a lieu de préciser que cette situation, selon nos sources, n’est pas exclusive aux maternités du secteur sanitaire d’Oran. Elles sont courantes dans toutes les villes du pays. Et si le nombre semble plus important, c’est parce la ville d’Oran est une métropole qui reçoit les patientes de différentes régions, venues chercher l’anonymat. Une situation désolante mais « il vaut mieux qu’une fille abandonne un enfant illégitime que de le tuer, comme c’est malheureusement souvent le cas », conclut un gynécologue.

3 cadavres de nouveaux-nés découverts en 24 heures

Durant les dernières vingt-quatre heures, les services de sécurité ont découvert trois cadavres de bébés de sexe masculin. Le premier a été retrouvé vivant mais dans un état tellement critique qu’il a rendu l’âme lors de son transfert vers l’hôpital d’Oran. Il a été découvert dans la localité de Bir El Djir. Le second, âgé d’à peine quelques heures, a été découvert mort. Le dernier, un peu plus âgé que les deux premiers, a environ quatre mois, selon nos sources. Sa maman ne pouvait sans doute pas le garder davantage et a fini par s’en débarrasser. Les trois petits cadavres ont été transférés vers la morgue.



Par A. Yacine, M. B.

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