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quiquequoioucomment-La culture algérienne : Fadéla Dzirya

Grande figure de la chanson hawzi, elle est née en juin 1917 à Alger, précisément à Djenane Beït El Mel, près de Notre Dame d’Afrique. Fadhela Madani pour l’état-civil, avait une sœur musicienne, Goussem.



Fascinée toute jeune par cheikha Yamna, elle assista à la plupart de ses représentations et s’entraîna à partir du répertoire de cette grande interprète. Comme la plupart de ses pairs, sa formation se fit sur le tas. C’est lors d’une émission de Radio Alger, Min koul fen chwya (Un peu de chaque art) animée par Mohamed Lahbib Hachelaf et Djillali Haddad que son talent se révèle. Les deux animateurs lui composent plusieurs chansons. Elle aura ainsi, tout au long de sa carrière plusieurs mentors : Mustapha Kechkoul qui l’initiera au patrimoine classique andalou (en lui soufflant les paroles, dit-on, car elle était analphabète), Abdehalim Ababsa qui lui confie plusieurs chansons… Son évolution artistique s’est construite dans l’adversité de sa vie privée.

Elle n’a que 13 ans quand elle est mariée avec un chômeur âgé de 30 ans et connaîtra des déboires qui la marqueront (décès de sa fille, conflits conjugaux) et qui expliquent peut-être la grande mélancolie qui imprègne son interprétation mais aussi son doux visage aux grands yeux tristes. En 1935, elle fugue à Paris où elle chante et notamment au célèbre cabaret El Djazaïr, qui fut un laboratoire de la chanson moderne algérienne. De retour au pays, elle se produit au Café des Sports dans la Basse-Casbah (aujourd’hui en ruines) tenu par le chanteur Hadj Mahfoud. A partir de cette période, elle s’oriente résolument vers la chanson algéroise qui fera son immense succès en 1949, avec l’inégalable chanson Mal H’bibi Malou, enregistrée et diffusée par la société Pacific(paroles de Kechkoul et une musique de Skandrani). Son éclosion artistique est alors remarquable : elle évolue dans la formation féminine de la grande Meryem Fekkaï ; elle devient comédienne dans la troupe de Mahieddine Bachtarzi ; les familles d’Alger surtout mais aussi d’autres villes se l’arrachent pour leurs fêtes…

En 1954, sollicitée pour un gala collectif de solidarité avec les sinistrés du séisme qui vient de se produire à El Asman (Chlef), elle chante à l’Opéra de Paris. Elle apparaît les années suivantes dans des émissions de télévision de la station d’Alger de l’ORTF. Avec sa sœur Goussem, elle s’engage dans la guerre de libération et profite de sa mobilité d’artiste pour convoyer les fonds du FLN. Arrêtée, elle est emprisonnée à Serkadji. Dès sa libération, elle crée son propre ensemble féminin avec Reinette l’Oranaise au violon, sa nièce Assia au piano et à l’orgue et sa sœur à la derbouka. . A l’indépendance, elle donne toute la mesure de son talent en se produisant dans les cérémonies familiales et à la radiotélévision algérienne. Elle décède en octobre 1970. Enterrée au cimetière d’El Kettar, elle demeure une grande cantatrice de la chanson féminine et une icône d’Alger.



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