1er Mai à El Bahia
Accélération de la privatisation, tripartite, refonte du code du travail..., le 1er Mai 2005 a été fêté, hier, dans une conjoncture qualifiée de « particulière » par le monde du travail. Les syndicats étaient en ordre dispersé en ce 1er Mai 2005.
A Oran, forte de ses quelque 70 000 adhérents répartis dans pas moins de 645 sections syndicales, l’UGTA a fait cavalier seul pour organiser des manifestations dédiées à cette Fête du travail. « Notre pensée va aux 15 syndicalistes arbitrairement suspendus de leur poste de travail et qui se retrouvent aujourd’hui livrés au chômage ; c’est un outrage à l’exercice syndical », devait souligner M. Cherif, chargé de l’organique local de l’UGTA. Pour cette année, placée sous le signe du travail, le plus grand syndicat algérien veut faire de cette journée celle « des ponts qui permettent à tous les Algériens d’avoir une pensée pour les pionniers qui ont donné leur vie aux luttes syndicales. Il s’agit, entre autres, de Ferhat Abbas et de Abdelhak Benhamouda. » « Aujourd’hui, c’est beaucoup plus qu’une simple manifestation. C’est une journée pour se souvenir de tous les combats pour la sauvegarde de l’emploi », lâche un salarié d’une quarantaine d’années, un nostalgique des « 1er Mai combatifs. » Une marche ponctuée par le dépôt d’une gerbe de fleurs en la mémoire des martyrs, un regroupement de tous les syndicalistes pour honorer les anciens cadres syndicaux, des galas sportifs au stade Bouakeul, un tournoi en la mémoire du défunt Abdelhak Benhamouda...
Forte phase de transition
Le programme était des plus chargés. « Il s’agit de faire face aux conséquences qui peuvent découler de cette conjoncture marquée par une forte phase de transition que traverse le pays. La sauvegarde de l’emploi est notre priorité », soutient M. Cherif. « Privatisation ou pas, cela ne nous effraie pas ! Pour nous, ce qui compte c’est la préservation de l’emploi, car on s’en tient à notre stricte rôle de la défense des intérêts moraux et matériels des travailleurs et donc, par ricochet, de l’emploi », soutient M. Abdelhak, chargé des finances et du patrimoine. Concernant la tripartite, les syndicalistes souhaitent que l’article 87 bis « doit être appliqué pour relever le salaire de base (SNMG). » La lutte contre le travail au noir par un contrôle régulier et permanent des agents des inspections du travail est également une préoccupation des syndicalistes qui plaident pour une plus large représentation syndicale. « On pense particulièrement au secteur privé, puisque les travailleurs de ce secteur sont largement sous-représentés au niveau syndical : sur les 70 000 de nos adhérents, seuls 5 000 sont du secteur privé. » Tout en plaidant pour le « respect des décisions de justice qui ont souvent rétabli les travailleurs licenciés à leur poste, mais sans toutefois qu’elles soient appliquées par les employeurs », les syndicalistes qui constatent, par ailleurs, que l’autonomie des entreprises a accentué les licenciements, demandent des « enquêtes sur les entreprises dissoutes. »
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