Archives ♦ édition du 23/09/2004
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Abdelhamid Mehri a quelque chose de l'instituteur, tant il se soucie de l'aspect pédagogique de ses propos. Les modulations de son phrasé, qui laissent parfois tomber de lourdes intonations de stentor, ne masquent pas suffisamment ce souci, qu'il a de commun avec ces grands serviteurs de la République, de s'adresser à l'intelligence de son interlocuteur, comme le maître d'école à celle de son élève. Il est de la génération PPA-MTLD auquel il a adhéré très tôt. A ces sigles impersonnels, souvent, il leur préfère «le Parti», en n'oubliant pas de placer une majuscule dans la voix. Ce natif d'El Harrouch, où il naquit en 1926, garde de ses modestes origines une certaine rusticité dans la vêture et le port.Etudiant à l'université de la Zeïtouna (Tunis), il se voit confier par ses responsables, au sein du Parti, la délicate mission d'encadrer ses compatriotes d'une part mais aussi, et surtout, de faire son apprentissage de la diplomatie en tissant des relations avec les nationalistes tunisiens, en particulier ceux du Néo-Destour d'autre part. Ses «agissements subversifs» n'échappent pas à la police colonialiste qui, «en vertu d'un édit royal» datant d'avant la Révolution française, l'expulse vers l'Algérie. De retour à la «centrale», il dirigera la presse arabophone du Parti. En avril 1953, il est coopté au Comité central et assistera à toute la crise qui opposera cette structure «iconoclaste» qui a eu le toupet de s'opposer au leader désormais contesté du PPA-MTLD, Messali Hadj. En novembre 1954, la police française surprise par le déclenchement d'une insurrection généralisée qui allait devenir la Révolution algérienne s'empresse de procéder, dès l'aube, à l'heure légale des perquisitions, à l'arrestation de ceux qu'elle croit être les auteurs de «la nuit de la Toussaint». Abdelhamid Mehri est appréhendé et incarcéré. Il sera, comme beaucoup d'autres militants, libéré en 1955, date à laquelle il rejoint Le Caire, pour s'engager dans la révolution. D'abord, il est représentant permanent à Damas. En1956, le Congrès de La Soummam le désigne comme membre suppléant du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA). Il en deviendra titulaire et membre du Comité de coordination et d'exécution (CCE) en août 1957, lors de la session de l'instance dirigeante au Caire. En 1958, il entre au GPRA dans le gouvernement présidé par Ferhat Abbas comme ministre des Affaires maghrébines avant de prendre la poste de ministre des Affaires sociales et culturelles du deuxième GPRA (1960-1961).
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